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Agriculteurs, attention : faire appel à un auto-entrepreneur pour des travaux agricoles est illégal et dangereux

  • Photo du rédacteur: FDSEA52
    FDSEA52
  • 4 juil. 2025
  • 3 min de lecture

Le recours à des auto-entrepreneurs pour des activités agricoles : un piège à éviter

Le secteur agricole évolue et la délégation de certaines tâches devient une nécessité pour de nombreux exploitants : moisson, semis, etc. Il est donc tentant de faire appel à un auto-entrepreneur, notamment pour sa souplesse administrative et son coût souvent attractif.

👉 Mais attention : cette solution, en apparence pratique, peut s’avérer illégale et coûteuse.

Le régime du micro-entrepreneur : un statut simplifié… mais encadré

Le statut d’auto-entrepreneur, renommé micro-entrepreneur depuis la loi Pinel de 2016, est un régime simplifié d’entreprise individuelle. Il permet à toute personne de créer facilement une activité professionnelle à but lucratif en bénéficiant de formalités allégées sur les plans administratif, fiscal et social.

Les micro-entrepreneurs :

  • déclarent leur chiffre d’affaires chaque mois ou trimestre

  • versent leurs cotisations à l’URSSAF

  • dépendent du régime général de la Sécurité sociale (CPAM), et non de la MSA

Quelles activités sont autorisées en micro-entreprise ?

Le régime permet des activités commerciales, artisanales ou libérales :

  • Commerciales : achat/revente de biens ou marchandises

  • Artisanales : maçonnerie, plomberie, électricité, coiffure, etc.

  • Libérales : consultants, formateurs, graphistes, coachs, etc.

  • Services à la personne : garde d’enfants, aide à domicile, petit bricolage…

Mais les activités agricoles sont formellement exclues.

Les activités agricoles exclues du régime

L’article L.722-1 du Code rural est clair : ➡️ Les travaux agricoles relèvent obligatoirement de la MSA.

Cela inclut :

  • Production végétale ou animale (semis, récolte, soins aux animaux, traite…)

  • Transformation/vente directe de produits de la ferme

  • Activités agri-touristiques (fermes-auberges, camping à la ferme…)

  • Prestations de type ETA (moisson, tonte, traitements…)

👉 Aucune de ces activités ne peut être exercée sous le statut de micro-entrepreneur.

Les prestations agricoles doivent être réalisées par des professionnels (ETA)

Seuls les Entrepreneurs de Travaux Agricoles (ETA) sont habilités à intervenir pour :

  • Labour, semis, moisson, tonte, insémination, pédicure bovine…

  • Triage et traitement de semences

  • Transport et location de matériel agricole

Un contrat clair est indispensable, précisant tâches, durée et prix.

Quels risques en cas de recours à un auto-entrepreneur ?

⚠️ Requalification en contrat de travail

3 critères cumulés suffisent :

  • Travail effectué (ex. conduite de tracteur)

  • Rémunération (facture = paiement)

  • Lien de subordination (horaires imposés, consignes, etc.)

➡️ Cela peut être reconnu comme un emploi dissimulé.

⚠️ Travail dissimulé = sanctions lourdes

Conséquences possibles :

  • Redressement URSSAF / MSA sur plusieurs années

  • Paiement rétroactif de salaires, congés, indemnités

  • Amendes jusqu’à 45 000 €

  • Peines de prison en cas de récidive

  • Perte de subventions ou aides publiques

⚠️ Prêt de main-d’œuvre illicite

Un "prestataire" qui vient sans matériel, exécutant seulement des consignes, peut être considéré comme main-d’œuvre dissimulée.

⚠️ Responsabilité civile en cas d’accident

En cas de blessure ou dommage :

  • L’assurance de l’agriculteur peut refuser de couvrir

  • L’auto-entrepreneur non déclaré pour cette activité = pas de couverture

L’exploitant est alors personnellement responsable.

✅ Les bons réflexes à adopter

Pour éviter tout problème :

✔️ Vérifier le statut MSA du prestataire pour toute tâche agricole ✔️ Éviter les liens de subordination : le prestataire doit être autonome ✔️ Rédiger un contrat clair avec :

  • Tâches précises

  • Durée

  • Responsabilités

  • Rémunération

✔️ S’assurer que le prestataire a son propre matériel et une assurance

➡️ En cas de doute : contactez la MSA avant toute intervention.

🟩 En conclusion : vigilance maximale

Faire appel à des prestataires est devenu courant, mais cela doit respecter la législation.

Le statut d’auto-entrepreneur est incompatible avec toute activité agricole. ✅ Il faut privilégier des professionnels affiliés à la MSA et formalisés correctement.

📞 Vous pouvez vous rapprocher de votre FDSEA pour toute question complémentaire.Valérie LAVEY – FRSEA Grand Est

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